Comment soigner l'allergie ?

Publié le 25/06/2016 | Nb Visites : 3953

Loin d'être seulement une atteinte localisée, ce qu'elle est symptomatiquement, l'allergie est au contraire une maladie très générale dont la cause essentielle est un dérè­glement glandulaire qui se manifeste comme un défaut d'adaptation. C'est en rééquilibrant le système endocrinien qu'on peut remédier au mal.

Nous avons vu que l'allergie est une désadaptation vitale (*). Mais faut-il réduire l'allergie à un simple manque d'adaptation sans risquer d'escamoter le vérita­ble problème de l'allergie ? Pour en savoir plus, il faut dire ce qu'est l'adaptation et comment la désadaptation est à l'origine de nombreux maux.
L'être humain ne survit qu'en lutte continuelle contre le milieu extérieur. Quand il s'y soumet, il meurt. L'homme doit se compor­ter et réagir d'une manière adé­quate tant au point de vue cor­porel qu'émotionnel et intellec­tuel. C'est pourquoi il ne saurait se contenter d'obéir aux simples lois qui régissent la nature.


La production de l'histamine ne saurait expliquer l'allergie.

L'être humain se comporte et réagit d'une manière fonctionnelle globale qui constitue sa puissance d'adaptation. Si les forces qui agissent sur nous sont trop puis­santes ou trop durables, l'adapta­tion peut être perturbée et provo­quer des troubles allergiques. C'est alors la désadaptation qui est la cause de l'allergie.


Qu'est-ce que l'adaptation ?

L'adaptation est une notion fort difficile en médecine car elle implique dans son étude la par­ticipation de la personnalité entière : des fonctionnements très corporels (somatiques) mais aussi et surtout des tendances senti­mentales et intellectuelles qui peuvent modifier considérable­ment nos adaptations. Or les re­cherches principales ont été fai­tes une fois de plus, de façon expérimentale et sur des animaux.
Or les animaux ont une adap­tation presque uniquement somatique et fonctionnelle. On ne peut tenir compte chez eux de fac­teurs sentimentaux et intellec­tuels. Donc la conclusion des expériences sur l'animal ne peut être applicable à l'homme.
Les expériences de Reilly ont porté sur l'intestin et l'adapta­tion. Il a fait intervenir des traumatismes qui ne se produisent presque jamais dans la vie cou­rante. Ces expériences ne tien­nent pas compte de la personna­lité entière mais font agir le sys­tème sympathique dont on sait par ailleurs que sa suppression n'amène pas de troubles particu­liers chez l'homme. Elles ne con­tribuent donc pas à mieux com­prendre le problème de l'adapta­tion.
Les découvertes du Canadien Selye sur le syndrome général d'adaptation (SGA) n'ont guère été plus heureuses. Il a bien re­connu que l'hypophyse et la sur­rénale jouaient un certain rôle dans l'adaptation mais ses expé­riences portent surtout sur des taux hormonaux, des métabolismes. Elles ne tiennent donc pas compte non plus de la personna­lité entière, considération qui pouvait seule nous faire connaî­tre le système fonctionnel vrai­ment responsable de l'adaptation.


Qu'est-ce que le syndrome de Selye ?

Tout d'abord il est général. C'est le dénominateur commun à toutes les réactions de l'organis­me avant qu'il ne puisse se réadapter.
C'est un syndrome c'est-à-dire un ensemble de symptômes qui apparaissent ensemble selon un mode triphasique.

  • 1ère phase : l'alarme. Elle comprend le choc et le contre choc.
  • 2e phase : la résistance de l'organisme à l'agent qui a créé l'alarme (froid, bruit...).
  • 3e phase : l'épuisement au cours duquel le moindre nouveau stress peut provoquer la mort. Selye parvint donc à déterminer les caractéristiques foncières des maladies de l'adaptation. Il com­pléta cette découverte en recon­naissant le rôle des diverses hor­mones surrénaliennes et hypophysaires dans cette adaptation.

L'allergie aux différents âges

Au début de la vie l'allergie est principalement organique et non d'origine psychologique. Le bébé est très souvent allergique. Une statistique datant d'une quinzaine d'années montre qu'aux U.S.A. 10 % des enfants présenteraient un tel état et d'une manière intense. Dans 20% des cas, l'asthme est précédé d'eczéma et annoncé par des rhinites fréquentes, des bronchi­tes, une toux spasmodique re­belle. L'eczéma est fort étendu chez le bébé et l'urticaire est très accusé.
Dans ces cas tous les laits peuvent être successivement es­sayés ainsi que plusieurs sortes d'alimentations utilisées mais sans résultat. L'enfant peut donc être atteint d'une véritable aller­gie digestive et l'on peut se de­mander si certaines diarrhées rebelles n'en proviennent pas. Ce qui caractérise l'allergie du jeu­ne enfant est son intensité et son étendue. Les grandes difficultés thérapeutiques que soulèvent de tels états n'obéissent pas à la désensibilisation et fort mal aux antihistaminiques.
Chez l'enfant et l'adolescent, l'allergie est beaucoup moins fréquente et intense. L'adapta­tion de l'être jeune est généra­lement bonne, meilleure qu'à une autre période de la vie si ce n'est une recrudescence des états allergiques à la puberté. Chez l'adulte, l'allergie est fréquente. Elles est souvent due aux difficultés de la vie. Elle se manifeste sous toutes les for­mes, plus fréquente chez la femme que chez l'homme. Enfin chez le vieillard, les phénomènes allergiques dégénèrent : l'asthme se confond volontiers avec l'emphysème, l'eczéma avec les ul­cères, l'urticaire est remplacé par les prurits. On n'y voit plus d'oedèmes de Quincke (infiltra­tion de la face ou des muqueu­ses). Il est enfin fort difficile d'admettre que c'est l'histamine qui modifie les manifestations allergiques à ces diverses pé­riodes de la vie. "Nous avons eu l'occasion, écrit le docteur Gau­tier, de soigner deux cas de nourrissons rendus à la dernière extrémité. L'un d'eux était resté 3 semaines dans un grand hôpi­tal parisien et rendu au père dans un état cachectique (com­plication de l'eczéma avec trou­bles digestifs et amaigrissement) et mourant. Un traitement anti­thyroïdien appliqué d'urgence le sauva ». L'allergie provient donc d'un dérèglement glandulaire qu'une ré équilibration endocri­nienne peut conjurer dans bien des cas.


Un phénomène endocrinien.

Mais si Selye approcha la solu­tion du problème il resta lié aux expérimentations et ne put aper­cevoir le fait que c'est la thyroïde qui est la grande responsable de l'adaptation (1). En tout cas, le mérite de Selye est d'avoir com­pris, contrairement à l'Ecole française (Reilly) que c'est le sys­tème glandulaire et non le systè­me nerveux qui est le système de notre adaptation. Une question se pose alors. Comment les glandes endocrines et particulièrement la thyroïde, peuvent-elles provoquer des troubles aussi divers et si dif­féremment localisés que les trou­bles allergiques ? Jean Gautier apporte la réponse suivante : l'hypophyse participe à tous les métabolismes.
Ces métabolismes sont des acti­vités de nutrition cellulaire, de multiplication, de cicatrisation, de régénération et de régulation orga­nique et humorale. La thyroïde est responsable de l'oxydation cel­lulaire. Celle-ci équivaut à l'acti­vité vitale et fonctionnelle. La mort est l'absence de toute oxyda­tion. Si les propriétés de ces deux glandes s'altèrent, si leurs activi­tés sont déréglées, les organes vé­gétatifs se dérèglent et se modi­fient ainsi que les phénomènes de nutrition cellulaire. A leur tour ces modifications des tissus ont une influence néfaste sur la personnalité.


L'allergie, maladie multiforme.

Mais il reste à expliquer la localisation. Un malade peut pré­senter de l'urticaire ou de l'eczé­ma dans une région corporelle plutôt que dans une autre. Les allergies peuvent affecter plus par­ticulièrement le poumon, l'intes­tin, l'appareil urinaire. Nous ne savons pas pourquoi de tels troubles peuvent atteindre un côté de l'organisme plutôt que l'autre.
La thyroïde en offre de fré­quents exemples : on peut voir des cyanoses (coloration bleue des tissus due à l'hémoglobine non oxydée) à une main ou à un genou chez les hypothyroïdiens. On rencontre l'ischémie (anémie locale ou symptôme du doigt blanc) d'un doigt, d'une main, ou la rougeur, la congestion d'une partie du visage, d'un côté du cou ou de la poitrine dans les hyperthyréoses. La thyroïde, glande de l'adaptation, peut agir sur les automatismes nerveux, sur la cir­culation même, pour déterminer dans certaines régions plutôt que dans d'autres des inégalités fonc­tionnelles et des troubles. Ainsi peuvent s'expliquer les localisa­tions allergiques.
On peut aussi invoquer la no­tion "d'épine irritative". c'est-à-dire une sensibilisation particulière d’un tissu ou d’un organe avec état douloureux périodique et fluctuant. Le cas d'épine irrita­tive se rencontre dans de nom­breuses maladies dites psychoso­matiques. Par exemple la colite. Le côlon est, dans ce cas, l'épine irritative, objet de la crise aiguë de colite c'est-à-dire objet d'une hypersensibilisation thyroïdienne. Une crise de colite se déclenche la plupart du temps par un état émotif particulier, plus intense que d'habitude.
Or tout choc émotif (frayeur, appréhension, préoccupation, etc.) augmente la fonction thyroïdien­ne jusqu'au point de déclencher des manifestations avec tremble­ments, fibrillation, tension ou éréthisme nerveux, symptômes pré­sents dans les hyperthyroïdies. Il est évident que dans ces cas où la thyroïde est momentanément hyperfonctionnelle, son hormone va venir tout spécialement « irri­ter » le ou les organes déjà plus particulièrement sensibilisés à la thyroïde.
Le cas est identique pour les crises douloureuses des ulcères à l'estomac. Dans ce cas, opérer l'es­tomac n'a jamais supprimé les douleurs. En effet, peu après une telle opération, l'état émotif du malade refait une autre « épine irritative » sur les tissus environ­nants.


Comment vaincre ?

Les traitements de rééquilibra­tion glandulaire qui, avec la darsonvalisation (2) à moyenne fréquen­ce, tendent remarquablement à rendre normale la formule endo­crinienne du malade, confirment ces manières de voir. Ils permet­tent de faire cesser les troubles allergiques et de modifier le ter­rain. Les « erreurs » tissulaires et organiques proviennent de ten­dances émotionnelles diverses et les traitements anti-histaminiques ou « insensibilisateurs » n' ont souvent aucune influence durable et ne guérissent par l'allergie.
Le docteur Jean Gautier racon­te le cas d'un homme atteint de plaques d'eczéma et de poussées d'urticaire généralisée qui s'ins­tallaient pour les causes les plus diverses et pour la plupart des substances alimentaires chez ce malade, les anti-histaminiques eux-mêmes et tous les médica­ments provoquaient les poussées urticariennes et eczémateuses. Cet état remontait à 3 ans. Le malade, affaibli, travaillait difficilement. La rééquilibration glandulaire avec dominante anti-thyroïdienne amena l'altération en quelques mois des troubles allergiques et leur disparition complète sans re­tour ni accident en moins d'un an.
Il est fréquent de soigner des enfants comme caractériels, insta­bles, agités ou mauvais élèves par cette méthode. On peut alors voir que disparaissent en même temps les accidents allergiques : asthme, rhume des foins, bronchites, urti­caire, etc. Les accidents allergi­ques trouvent donc leur explica­tion dans un dérèglement des fonctionnements glandulaires.


Les signes de désadaptation.

Comment reconnaître ces désé­quilibres chez les malades ? Les signes de ces troubles endocri­niens sont fort nombreux et simu­lent de nombreux états morbides. Le signe le plus fréquent est la fatigue. Ces sensations d'épuise­ment sont inconstantes et varia­bles. L'asthénie se manifeste aussi sur le plan émotionnel et intellec­tuel en provoquant la peine, le chagrin, les idées noires, les inca­pacités intellectuelles. La fatigue présente certaines nuances selon la glande dont elle provient.
Les déréglés glandulaires sont souvent des désadaptés et tout spécialement les petits hyperthyroïdiens. Le sujet est alors vulné­rable à toutes sortes d'ambian­ces : froid, chaud, vents, orages, altitude, ondes, vibrations, vites­se, etc. Toutes ces influences peu­vent amener des accidents identi­ques aux substances de contact : urticaire, prurit, eczéma, conges­tion, œdème, coloration de peau, trop souvent attribuées au foie. Chez les déréglés glandulaires les douleurs sont fréquentes et siè­gent principalement :

  1. à la tête; elles prennent la forme de migraines, simulent les névralgies faciales. Au moment des règles elles peuvent être intenses. Elles sont souvent fugaces, changeantes, plus ou moins durables ;
  2. à la nuque; très fréquentes, elles peuvent simuler un torticolis spasmodique à répétition. Bien souvent elles font croire à un déplacement de vertèbres. Elles sont peu constantes ;
  3. aux reins; elles peuvent sié­ger sur tout le dos ou plus spécia­lement au niveau des reins. Elles peuvent survenir au cours d'un effort mais aussi d'une émotion ou d'une contrariété. Elles sont parfois très fortes. Chez certains elles sont permanentes et ne cè­dent qu'à un traitement anti­thyroïdien prolongé (non chi­mique) ;
  4. dans les jambes ; elles peu­vent apparaître lors de la marche mais aussi débuter au réveil et cesser à une certaine heure. Elles se manifestent sous forme de crampes, de coups de poignards, de lourdeurs, de brûlures, de contractions...

Signes protéiformes et changeants.

Ces douleurs propres aux hyperthyréosés sont essentiellement variables, changeantes et affectent toutes les formes possibles. Elles atteignent toutes les parties du corps. Les constrictions laryngées sont des sensations caractéristi­ques des dérèglements de la thy­roïde. Le poumon est atteint d'essoufflement, de toux rebelle. Le cœur a des palpitations dues aux émotions, aux angoisses, aux colères. On note parfois de l'arythmie chez les femmes jeu­nes. L'appareil digestif est atteint de brûlures, d'aérophagie, de co­lite et de constipation, l'appareil urinaire de cystite.
Au point de vue caractère, celui de la femme hyperthyroïdienne frappe au premier abord : elle parle vite, beaucoup, et avec exagération. Ses gestes sont rapi­des à moins que la fatigue ne les paralyse. Mais elle sort facilement de sa torpeur pour un moment et l'on retrouve son véritable carac­tère. Elle est très vive et senti­mentale, très émotive, passant de la joie à la tristesse et inverse­ment. Elle peut avoir des idées fixes, noires, des obsessions. Sa vivacité, l'exagération de son af­fectivité la poussent à dire des pa­roles aigres-douces ou méchantes qu'elle regrette peu après. Son irritabilité est grande et peut s'étendre à toutes choses et en tou­tes circonstances. Chez l'homme, ces formes prennent un ton plus rude, plus brutal, plus coléreux.
Le caractère le plus habituel de ces signes est leur changement de nature et d'emplacement cor­porel. Ils sont particuliers et tien­nent à la personnalité. Ils décon­certent très souvent les médecins qui n'arrivent pas à saisir la mul­tiplicité et les descriptions si va­riées que leur font les malades.

On comprendra qu'après une telle étude (Gautier) le dépistage de l'agent causal de l'allergie et son traitement par des anti-histaminiques apparaissent comme jeux d'enfants car de tels traite­ments ne parviennent jamais à changer, à modifier peu ou prou l'état allergique du malade. Il faut impérativement s'attaquer au dérèglement endocrinien en s'ef­forçant de redonner aux glandes des activités normales proportion­nées les unes aux autres.
Presque toujours la thyroïde est trop active, trop variable et sensible. Il faudra donc la mini­miser et revaloriser les autres par des extraits à doses moyennes pour qu'ils fassent contrepoids à une thyroïde sujette aux varia­tions exagérées.

Jean du CHAZAUD. La vie claire Février 1981

(*) La Vie Claire, janvier 1981.
(1) Voir Dr Gautier, Freud a men­ti ! et Dernières et nouvelles connaissances sur l'homme
(2) Traitement par la chaleur au moyen de larges électrodes abdominales