Les glandes et le cerveau

Publié le 25/06/2016 | Nb Visites : 3010

Depuis longtemps le cerveau est considéré comme l'organe directeur du comportement et surtout celui de l'intelligence. Actuellement, le rôle des glandes est largement pris en compte dans l'intervention de nombreux mécanismes psycho-physio­logiques. Malgré cela on considère toujours que, scientifique­ment, le cerveau contrôle totalement les fonctions hormonales. Il s'agit pourtant d'un postulat qui reste à démontrer.

Le cerveau est actuellement l'ob­jet de recherches fort minutieuses. Les techniques s'affinent de plus en plus car une méthodologie savante et techniquement poussée s'avère indispensable pour pénétrer le fonc­tionnement cérébral. Le cerveau semble entouré d'une sorte d'aura mystérieuse. En lui, croit-on, se trouvent les circuits nerveux res­ponsables de tout le fonctionne­ment humain et particulièrement de son intelligence.

Cette vue s'est trouvée accréditée entre autres, par certaines expé­riences faites chez le rat. On prend deux lots de rats identiques. On les élève dans deux milieux diffé­rents, un milieu pauvre et un mi­lieu enrichi (c'est-à-dire une cage avec de nombreux obstacles mettant leur adaptation à l'épreuve). Après un certain temps, on sacrifie les rats et l'on observe leur cerveau. Le cer­veau des rats élevés en milieu en­richi pèse un peu plus lourd que celui des rats élevés en milieu pau­vre, et le nombre de leurs synapses neuroniques (connexions entre cel­lules nerveuses) est nettement aug­menté.

Un postulât difficile à ébranler.

Comme on va le voir, le postulat du contrôle nerveux cérébral a été peu à peu accepté, quasi rituelle­ment entériné en raison de rela­tions constatées entre les activités en général et le fonctionnement cé­rébral. Le cerveau comme grand ré­gulateur ne fut plus jamais mis en doute. Ébranler le dogme de la prédominance nerveuse semble im­possible.
On ne peut qu'essayer d'instiller à petites doses des doutes renouve­lés sur la pertinence apparente des expériences faites sur le cerveau. On ne peut qu'insister sur les dif­ficultés énormes de conduite des expériences cohérentes et non con­tradictoires sur la valeur heuristi­que (1) des techniques de stimula­tion électrique pour connaître quel­que chose du fonctionnement de l'homme.
Ces recherches ne semblent être que ponctuelles, analytiques, car sti­muler des cellules nerveuses dans un centre donné du cerveau et s'apercevoir qu'on obtient un com­portement spécifique ne signifie pas forcément que nous sommes en présence des centres responsables de ce comportement. Mais c'est ce que croient les expérimentateurs. Rien ne peut les dissuader de s'enthousiasmer pour la réussite de telles expériences.


Les Interrelations neuroniques au secours des lacunes expérimentales.

En effet le résultat est jugé d'au­tant plus explicite et convaincant que, très souvent les contre-épreu­ves sont positives : Si une expé­rience de stimulation nerveuse d'une zone particulière du cerveau est accompagnée par exemple d'une li­bération d'un certain médiateur chimique au niveau même des cel­lules nerveuses de cette zone, il suf­fit alors de bloquer chimiquement la synthèse de ce médiateur pour que le comportement de l'animal soit voué à l'échec. On conclura donc sans erreur possible : la zone nerveuse concernée est bien celle impliquée dans ce comportement.
Ce principe est adopté universel­lement. Les recherches sont innom­brables mais elles s'appuient toutes sur la méthode des stimulations qui postule que le cerveau renferme l'origine de tous les mécanismes fonctionnels.
Cependant, depuis quelques an­nées, s'étant rendus compte de l'immense complexité du cerveau, les chercheurs ont abandonné la notion de centre nerveux, notion sta­tique, figée et ont préféré adopter celle de circuits nerveux, plus dy­namique. Cette notion rend mieux compte des mouvements complexes des influx dans un tissu nerveux extrêmement ramifié. On a même pensé que la non-cohérence de cer­taines expériences sur le cerveau provenait de la complexité même de ces circuits qui pouvaient indéfi­niment s'exciter ou s'inhiber mu­tuellement éliminant ainsi l'idée de centre circonscrit.


Les glandes enregistreuses de toutes les fonctions.

Ainsi les nombreuses obscurités expérimentales, les contradictions d'une expérience à l'autre, les résultats acquis un jour et perdus un autre, ont été mis sur le compte des interrelations neuroniques in­saisissables et ainsi n'ont pu réus­sir à faire soupçonner le postulat d'origine de la prédominance ner­veuse.
Le problème est assez simple. Le cerveau possède des cellules capa­bles d'enregistrer. La preuve : nous possédons la mémoire. Mais l'enregistrement cérébral s'effectue au moyen des hormones de nos glan­des endocrines. La preuve : un hypo-thyroïdien ne peut enregistrer le langage. L'animal très jeune auquel on retire la thyroïde, ne peut enregistrer le moindre réflexe condi­tionné. L'animal adulte thyroïdectomisé (auquel on a enlevé la thy­roïde) perd peu à peu tous ses réflexes conditionnés et ne peut en acquérir d'autres.
L'homme thyroïdectomisé qui n'a pas de substitution thyroïdienne perd peu à peu toute sa vie de relation, constituée d'enregistre­ments. Ainsi la thyroïde nous per­met d'enregistrer le langage et en général, de rendre réceptif notre cerveau en vue de toute adaptation. La surrénale enregistre les fonction­nements du tonus musculaire, sen­sibilise l'oreille à la valeur des bruits et des musiques fortes, l'hy­pophyse contribue à l'enregistre­ment des données comparatives et procure à l'esprit des aptitudes au calcul (2), etc.
Ce sont les glandes essentielle­ment, comme l'a fortement établi le docteur Jean Gautier dans ses travaux, qui sont les véritables informatrices du cerveau. Par elles, le cerveau enregistre au cours de l'enfance toutes les données cap­tées par les organes des sens. Qu'il s'agisse des acquisitions éducatives ou de la mise en place immédiate ou progressive des fonctionnements végétatifs eux-mêmes : tel le som­meil.

Les preuves de cette conception ont été faites depuis des décennies. Mais elles ont été perdues, diluées dans l'amoncellement des données analytiques et d'autant plus faci­lement perdues qu'elles renversaient ce fameux postulat ici dénoncé. De ce fait, le monde savant ne se trouvait pas disposé ni préparé à aper­cevoir l'évidence, maintes fois re­nouvelée, que le cerveau ne pouvait être le primum movens de tous les fonctionnements.

L'influence relative de l'ablation de l'amygdale

Au début du siècle, Pagano provoquait chez le chien des comportements d'anxiété et de colère par injection de curare dans les régions sous-corticales. En 1964, Delgado soumet des singes dominants d'un groupe à une ablation du noyau amygdalien situé dans le cerveau. Ils deviennent soumis et timorés. Pourtant ces singes sans amyg­dale font preuve d'une agressivité exacerbée si on les maintient en cage. Que devient alors la preuve de l'ablation de l'amygdale ?
Le noyau de l'amygdale n'est pas déterminant et une fois de plus, les chercheurs se retrou­vent devant les incohérences dé­jà signalées. En fait, l'ablation du noyau amygdalien rend les singes soumis et timorés car ce centre a enregistré certaines émo­tions et est en rapport avec les fonctionnements glandulaires de l'émotivité. Cette ablation n'a donc qu'une influence relative

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Des réflexes conditionnés sans nerfs ?

Prenons quelques exemples qui posent de nombreuses questions. On sait que tout animal est capable de réflexes conditionnés (voir La Vie Claire d'octobre 1979).
S'il s'agit d'un réflexe conditionné à partir des bras d'un singe par exemple, il est évident que ce singe utilise, pour acquérir le réflexe, les voies nerveuses qui partent des ex­trémités tactiles et aboutissent dans l'encéphale. Nous dirons de plus, que l'intervention thyroïdienne est nécessaire à l'enregistrement de ce réflexe puisque aucun réflexe n'est possible sans hormone thyroïdienne. Pour acquérir un réflexe il faut donc un couplage neuro-sensoriel (tactile ici) et hormonal.
Mais il y a quelques années Taub et son équipe de chercheurs ont pu montrer qu'un mouvement pouvait être acquis en l'absence de toute stimulation sensorielle en prove­nance des membres. Ils ont pu entraîner des singes à effectuer un mouvement conditionné du bras pour éviter un choc électrique, après section complète des nerfs des deux bras qui, de plus, ne pou­vaient être vus de l'animal. Il s'avé­rait donc qu'un animal peut acqué­rir un réflexe conditionné malgré la section des nerfs sensoriels concernés. Il fallait bien que l'en­registrement cérébral du réflexe s'opérât par une autre voie.
Mais ces chercheurs n'ont pas compris le phénomène et n'ont pu donner de solution à ce problème. Cette voie est en réalité la voie sanguine qui véhicule les hormones capables d'imprimer des modalités comportementales sans intermédiai­re sensoriel. En effet, c'est l'abla­tion thyroïdienne qui pouvait, seule, rendre impossible l'acquisition du réflexe alors que la section des nerfs ne s'avérait pas indispensable. Mais officiellement l'action de la thyroïde n'a pas été retenue.


Le diencéphale n'est pas indispensable aux émotions.

L'étude des émotions renferme les mêmes difficultés. On pense que les structures cérébrales responsables de l'émotion se trouvent dans le système limbique. C'est probable­ment une zone plus spécifique mais non directrice de l'émotion qui est un phénomène hormonal à l'origine et neuro-hormonal par enregistre­ment. Chez le nourrisson au sys­tème nerveux non encore totale­ment myélinisé les émotions sont vives.
Pourtant ni le système limbique ni l'hypothalamus ne sont encore fonctionnels. D'autre part, les bébés anencéphales ont aussi des émo­tions, des jeux de physionomie, un gazouillis (Albert Thomas). Ils sont pourtant privés de cerveau jusqu'à la partie basse de la protubérance annulaire également absente. Les émotions du nouveau-né ne pro­viennent donc pas du système ner­veux.
Encore une fois, un enregistre­ment nerveux est fort difficile sans l'intervention hormonale thyroïdien­ne qui est comme le stylet primitif chargé de procéder à l'inscription des enregistrements et des automa­tismes dans le cerveau. Ceux-ci peu­vent être aisément reproduits. Ainsi on est parvenu à faire reproduire à la tête coupée d'un supplicié cer­taines émotions dont on aurait pho­tographié les expressions, ce qui serait la « preuve » de l'origine ner­veuse de nos affectivités.
Duchesne de Boulogne avait ob­tenu des résultats semblables en provoquant, à ses dires, la tristesse par l'électrisation des muscles pro­pres à exprimer cette émotion. Mais l'expérience de la tête coupée signifie simplement qu'il existe dans les affectivités des jeux de physionomie qui dépendent des en­registrements automatiques et qui peuvent être reproduits.
En 1959, deux auteurs américains, en stimulant électriquement certai­nes aires corticales ont remarqué que les sujets, restés conscients pendant l'opération pouvaient rela­ter ce qu'ils éprouvaient, ils revécurent des scènes passées, preuve qu'elles proviennent d'enregistre­ments neuro-glandulaires. En fait, l'intervention des hormones n'est plus requise ici dans l'expérience de stimulation. Mais la stimulation produit un tel effet de reviviscence car les hormones y ont eu une action essentielle dans la fixation des images, ce qu'on ne dira jamais assez. Ce ne sont donc que des réimpressions d'enregistrements ner­veux mis en mémoire et réactivés.

Les glandes interviennent dans l'enregistrement du sommeil.

Le sommeil est un fonction­nement en premier lieu glandu­laire et en second lieu nerveux. Le sommeil est donc une moda­lité fonctionnelle glandulaire qui s'enregistre dans le cerveau en des zones plus ou moins spéci­fiques. Par exemple, si on admi­nistre à un jeune chaton dès les premiers jours de sa naissance de fortes doses d'extrait thyroï­dien, on le rend insomniaque. L'animal va alors enregistrer non pas les fonctionnements du sommeil mais ceux de l'insom­nie. Ceci reste une vue assez théorique car une glande long­temps excitée finit par tomber en hypofonction ; le sommeil, dans ce cas du chaton, serait quand même enregistré à la longue.
Cet exemple montre simple­ment qu'il n'existe de centres ou circuits nerveux spécifiques que secondairement à un acte d'en­registrement d'origine hormono-nerveuse. Si donc une anomalie glandulaire, comme l'hypothyroïdie, a empêché l'enregistrement cérébral, l'impression nerveuse des neurones sera presque nulle, et la stimulation expérimentale de ces parties nerveuses ne don­nera rien. Cette conception change radicalement les données du problème fonctionnel du cerveau. Il s'agit plus, en fait, d'une ques­tion d'orientation scientifique que d'une question méthodolo­gique.


Le tronc cérébral ne détermine pas le sommeil

Ce qui est vrai pour l'émotion est vrai pour le sommeil qui s'enregistre cérébralement, à partir des actions glandulaires, dès le début de la vie de relation. On a cons­taté récemment que deux noyaux nerveux : le raphé antérieur et le locus coerculeus situés dans le tronc cérébral contrôlent respectivement le sommeil lent et le sommeil ra­pide chez l'animal adulte. Chez le raton nouveau-né ces deux noyaux sont inopérants. Qu'est-ce donc qui contrôle le sommeil du nouveau-né ?
Après quelques semaines, on constate que les centres du raphé et le locus coerculeus deviennent efficaces dans la régulation du som­meil. Il s'est donc passé quelque chose pendant ce laps de temps : vraisemblablement le temps néces­saire à l'enregistrement cérébral des modalités glandulaires du som­meil. Chez le chaton on peut faire exactement les mêmes constata­tions. Les noyaux précités ne sont efficaces dans le sommeil (par ex­périence de lésion) qu'après un cer­tain temps de quelques semaines. Donc, au début de la vie, le som­meil n'est pas dû au système ner­veux, mais à la possibilité de la thyroïde de se mettre en hypofonc­tion.
Ce fonctionnement s'enregistre peu à peu selon un rythme qui deviendra le rythme nycthéméral (rythme de 24 heures). Après ces quelques semaines, le système ner­veux — ici les noyaux raphé et locus coerculeus — se comportent donc comme des relais d'économie ; ainsi les adultes ont acquis par ré­pétition la possibilité de se servir de relais nerveux dont le rôle est de faciliter la vie automatique et végétative.
En fait, les lésions des centres nerveux spécifiques n'occasionnent des perturbations physiologiques que passagèrement car les fonctions glandulaires, qui ne cessent pas, finissent peu à peu par refaire des enregistrements dans d'autres par­ties nerveuses. Ainsi, le physiolo­giste belge Brémer obtint un som­meil continu en sectionnant le tronc cérébral d'un chat juste au-dessous du thalamus (expérience du
« cerveau isolé ») ce qui était par­faitement normal puisque le reste du cerveau se trouvait ainsi séparé du centre d'éveil situé juste au-des­sous de la section.
Mais contre toute attente, les ani­maux qui survivent à une telle préparation connaissent quand mê­me après un certain délai des pé­riodes de veille et de sommeil. Une fois de plus le centre soi-disant spé­cifique ne devenait qu'un artefact
expérimental dans la production du sommeil qui reprenait ses droits.


Les lésions cérébrales ne sont pas invalidantes.

Ces perturbations cérébrales pas­sagères sont encore mises en évi­dence par les récupérations du lan­gage chez des aphasiques dont certains tissus nerveux sont atteints. Les chercheurs ne comprennent pas comment cela est possible. Norman Geshwind écrit : « Le mécanisme de récupération n'est pas encore bien connu... Les enfants, en parti­culier quand ils ont moins de 8 ans, récupèrent souvent très bien... « Ce­ci est normal car à cet âge les enregistrements nerveux sont très aisés, et le tissu nerveux particuliè­rement réceptif. Il y a quelques années le Times relatait le cas d'un américain qui avait dû subir l'abla­tion de la totalité de l'hémisphère Gauche du cerveau. Il perdit tout son langage. Mais 8 mois après : il reparlait normalement. Le rôle du système nerveux est encore ici re­lativement secondaire.
Les expériences sur les centres ré­gulateurs de la faim sont égale­ment entachées des mêmes diffi­cultés et montrent que les centres et circuits nerveux hypothalamiques ne sont pas foncièrement détermi­nants de la faim ou de la perte de l'appétit. Pourtant l'hyperphagie a été déterminée chez le rat par des­truction des noyaux médio-ventraux de l'hypothalamus tandis que la destruction de son aire latérale dé­termine l'aphagie (perte d'appétit). C'est donc que dans ces régions du bas cerveau se trouvent les récep­teurs de la faim.

Pas encore sortis de ce tunnel scientifique.

Mais ce résultat ne démontre pas pour autant qu'on est en présence du primum movens des processus de faim ou de non-faim. En re­vanche après l'ablation de la thy­roïde, diverses expériences montrent qu'on dirige l'animal vers une aphagie permanente alors qu'il est pro­bable, comme pour le sommeil, que quelques temps après la lésion de l'aire latérale hypothalamique, l'ani­mal finirait par retrouver son ap­pétit normal.
En tout cas pour confirmer la non-permanence de ces résultats de lésion, les auteurs, tels J. Le Magnen et Coll, se refusent à admet­tre un « centre de la faim » cir­conscrit car diverses stimulations (électriques et par micro-injections) interdisent de le penser. Les cher­cheurs font alors appel, comme nous le disions plus haut, non plus à des centres nerveux mais à des circuits complexes permettant de penser à d'autres mécanismes ner­veux inconnus... Ainsi ne fait-on que s'enfoncer de plus en plus dans le postulat nerveux sans jamais le mettre en doute. Les auteurs recon­naissent en effet que la lésion hypo­thalamique laisse réapparaître pro­gressivement le comportement ali­mentaire si l'animal est nourri avec une fistule gastrique,
Les auteurs, tel Teitelbaum en 1961, se demandent si cette récu­pération provient de mécanismes de compensation due à des struc­tures voisines ou si elle est due à une lésion incomplète du tissu hy­pothalamique impliqué dans le comportement alimentaire.
On pourrait montrer que les mê­mes problèmes se posent à propos des comportements sexuels. Ce n'est pas dans le cerveau que l'on découvrira les véritables fonctionne­ments qui conditionnent les com­portements humains ou animaux. Sans vouloir être pessimiste rien de précis ne pourra jamais être cir­conscrit dans le cerveau mais on se rend compte que plus la connais­sance du cerveau avance plus l'éten­due de nos connaissances est en­core bien petite.

Jean du CHAZAUD. La vie Claire Mars 1980

(1) Heuristique = qui est utile ou apte à faire avancer les connaissances.
(2) Dernières et nouvelles connais­sances sur l'homme par le DocteurGautier (C.E.V.I.C.). Les glandes, beauté et charme de la femme (C.E.V.I.C.).